jeudi 10 février 2011

Les limites de la méthode comparative

Rappelez-vous, dans l'un des derniers papiers de ce blog, j'avais consigné les propos de Maurice Godelier qui expliquait que la démarche intellectuelle de comparaison "de sociétés dans l'espace (anthropologie, sociologie) et dans le temps (archéologie, histoire) est au fondement même des sciences sociales". Pour Maurice Godelier, c'est la comparaison qui permet de développer des connaissances qui peuvent être utilisées pour analyser et résoudre des problèmes concrets qui se posent dans une société.

Je voudrais apporter cette fois un éclairage différent à travers la vision de Durkheim, dans "Les formes élémentaires de la vie religieuse", pour qui les "faits sociaux sont fonction du système social dont ils font partie; on ne peut donc les comprendre quand on les en détache." Durkheim précise ainsi que pour lui, des faits sociaux se déroulant dans des sociétés différentes ne peuvent être comparés sur justification qu'ils se ressemblent. Il faut que les sociétés se ressemblent. " La méthode comparative serait impossible s'il n'existait pas de types sociaux, et elle ne peut être utilement appliquée qu'à l'intérieur d'un même type. Que d'erreurs n'a-t-on pas commises pour avoir méconnu ce précepte ! C'est ainsi qu'on a indûment rapproché des faits qui, en dépit de ressemblances extérieures, n'avaient ni le même sens ni la même portée ; la démocratie primitive et celle d'aujourd'hui, le collectivisme des sociétés inférieures et les tendances socialistes actuelles, la monogamie qui est fréquente dans les tribus australiennes et celle que sanctionnent nos codes, etc."

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