Apprentissage et intériorisation d’autrui, influence des agents de socialisation, milieux d’appartenance et de référence produisent une adaptation de la personne à son environnement social. Mais cette conception « sur-socialisée » a été jugée statique par certains sociologues comme Dennis Wrong ou Henry Chombart de Lauwe pour lesquels l’adhésion à des normes et à des valeurs implique une certaine marge de décision de la part des acteurs (rappelons-nous le système d’options de Talcott Pearson, les notions de valeurs dominantes et secondaires, la tolérance à certaines conduites jugées déviantes ou variantes). Cette marge de liberté n’est pas la même dans toutes les collectivités.
Dans ses leçons sur « l’éducation morale », Durkheim proposait comme idéal aux maîtres de contribuer à préparer les jeunes à l’édification d’une morale laïque nouvelle : « Une société comme la nôtre ne peut s’en tenir à la tranquille possession des résultats moraux qu’on peut regarder comme acquis. il faut en conquérir d’autres ; Et il faut, par conséquent, que le maître prépare les enfants qui lui sont confiés à ces conquêtes nécessaires, qu’il se garde de leur transmettre l’évangile moral de leurs aînés comme une sorte de livre clos depuis longtemps, qu’il excite au contraire chez eux le désir d’y ajouter quelques lignes, et qu’il songe à les mettre dans l’état de satisfaire cette légitime ambition ».
Ne pas confondre variance/déviance avec non-conformité/anti-conformité
Une conduite peut être conformiste dans un milieu considéré comme déviant. Un comportement déviant ou variant s’inscrit dans la rupture avec les valeurs dominantes ou les modèles préférentiels du milieu auquel on appartient.
On peut trouver dans des milieux non-conformistes la même gradation de stricte conformité, de tolérance ou de reconnaissance de la liberté et de l’innovation que dans tout autre milieu.
La socialisation s’exprime aussi bien dans le désir de changer de milieu que de se conformer à ce milieu. Au plan psychologique, les phénomènes d’ambivalence ou de transfert peuvent influencer le comportement de l’individu, agir sur ses choix de façon inconsciente (refus d’un père autoritaire, identification à un leader…)
Ce sont souvent les mêmes éléments du processus de socialisation qui engendrent les conduites que la société appelle « pathologiques » : crime, prostitution, délinquance, suicide. Les conduites pathologiques peuvent résulter de frustrations, sentiments d’angoisse, d’insécurité… qui développent chez d’autres un désir de réforme sociale ou d’innovation.
La marge qui sépare adaptation sociale de « mésadaptation pathologique » n’est pas très grande car les mêmes mécanismes psycho-sociaux peuvent être à l’origine de l’une ou de l’autre.
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samedi 11 septembre 2010
Les milieux de la socialisation
Il faut distinguer les milieux d’appartenance des milieux de référence.
Milieu d'appartenance
Le groupe racial, ethnique, culturel aura une influence sur la psychologie de l’enfant comme son appartenance à une classe sociale ou le fait qu’il soit élevé en ville ou à la campagne. Les différences d’éducation sont motivées par les aspirations, les attentes des parents, les valeurs principales auxquelles se rattache la famille et les attitudes qui en découlent. Selon Maurice Halbwachs « les motifs des hommes et leurs tendances nous paraissent être, dans la plus grande quantité des cas, entièrement relatifs aux conditions qu’ils occupent dans la société ».
Milieu de référence
Les milieux de référence sont aussi importants dans le sens où les agents de socialisation empruntent leurs modèles et leurs valeurs. Pensons par exemple aux familles d’immigrants qui dans l’éducation de leurs enfants s’inspirent des modèles et valeurs de leur pays d’accueil dans une volonté d’adaptation.
Conclusion
Les milieux d’appartenance et de référence fournissent donc les modèles, normes, valeurs et symboles dont s’inspirent les agents de socialisation et permettent aux individus de développer leur identité pour s’adapter à leur milieu de vie.
Milieu d'appartenance
Le groupe racial, ethnique, culturel aura une influence sur la psychologie de l’enfant comme son appartenance à une classe sociale ou le fait qu’il soit élevé en ville ou à la campagne. Les différences d’éducation sont motivées par les aspirations, les attentes des parents, les valeurs principales auxquelles se rattache la famille et les attitudes qui en découlent. Selon Maurice Halbwachs « les motifs des hommes et leurs tendances nous paraissent être, dans la plus grande quantité des cas, entièrement relatifs aux conditions qu’ils occupent dans la société ».
Milieu de référence
Les milieux de référence sont aussi importants dans le sens où les agents de socialisation empruntent leurs modèles et leurs valeurs. Pensons par exemple aux familles d’immigrants qui dans l’éducation de leurs enfants s’inspirent des modèles et valeurs de leur pays d’accueil dans une volonté d’adaptation.
Conclusion
Les milieux d’appartenance et de référence fournissent donc les modèles, normes, valeurs et symboles dont s’inspirent les agents de socialisation et permettent aux individus de développer leur identité pour s’adapter à leur milieu de vie.
Les agents de la socialisation
Les agents de la socialisation sont nombreux. On peut les classer selon plusieurs critères :
- Groupes identifiables (famille, école, corps institutionnalisés) ou acteurs diffus (radio, TV) qui s’adressent à l’ensemble de la collectivité. Les medias participent à la socialisation bien qu'elle ne constitue pas leur but final. Certaines émissions ont cependant pour objectif d’éduquer. Mais des études réalisées par Himmelweit, Oppenheim ou Vince ont montré que de jeunes enfants apprennent et retiennent mieux les choses en visionnant des émissions dramatiques qu’en visionnant des émissions éducatives didactiques. Par les valeurs et le modèles idéalisés qu’elle présente avec un impact émotif puissant, contribuant à inhiber le jugement critique, la télévision exerce une forte influence. Himmelweit, Oppenheim ou Vince ont montré que la télévision idéalisait les modèles et les valeurs de la classe moyenne.
- Agents de socialisation ayant pour but de former, d’éduquer, d’inculquer des principes ou agents n’exerçant pas cette fonction de façon instrumentale. Les premiers (famille, école, églises, sectes, mouvements éducatifs) ont comme but explicite la socialisation et ont tendance à vouloir socialiser la personne totale alors que les seconds n’agissent que sur un segment de la personnalité (mouvements syndicaux, entreprises, partis politiques).
- Les groupes et institutions peuvent aussi se différencier en fonction des groupes d’âge homogènes ou hétérogènes qu’ils forment. La socialisation n’est pas seulement la transmission de la culture par les aînés. Par exemple, les « gangs », mouvements politiques de jeunes etc. participent intensément à la socialisation de leurs membres qui s’effectue au sein de groupes d’âges homogènes.
samedi 4 septembre 2010
Les mécanismes de la socialisation : l’intériorisation d’autrui
La socialisation s’effectue par le biais de l’apprentissage (qui passe par la répétition, l’imitation, l’application de récompenses et sanctions, les essais et les erreurs), de l’hérédité et du milieu extérieur (qui ont une influence sur l’apprentissage) ainsi que sur l’intériorisation d’autrui à laquelle les sociologues accordent une part importante.
Charles H.Cooley
Selon le sociologue Charles H.Cooley (Human Nature and the Social Order 1902), la conscience existentielle est le produit de l’intuition des perceptions de soi par autrui et la communication avec les autres. Le « soi » est social mais également conscience morale : le sentiment du bien et de l’obligation résulte de la synthèse d’influences subies sur une personne, grâce à sa sensibilité « sympathique » aux jugements des autres.
Georges H.Mead
Georges H.Mead a repris l’analyse du « soi social » en montrant comment l’enfant, à travers le jeu se développe mentalement et se socialise, en jouant le rôle des autres et en intériorisant leurs attitudes. Le Soi de l’enfant se développe par l’identification à d’autres personnes dans les rôles qu’elles remplissent et particulièrement par l’intériorisation de « l’autre généralisé », c’est-à-dire de l’ensemble organisé, structuré des autres rôles dont il dépend ; il construit également son Soi par la discrimination que son propre rôle lui permet de faire entre sa personne et autrui.
Par les fonctions qu’il attribue à la pensée et à l’intelligence dans l’apprentissage et dans l’action, Mead a contribué à dégager la psychologie américaine des limites physiologiques ou l’enfermait un behaviorisme strict. Pour Mead, la pensée est sociale car elle se développe par et dans la communication avec autrui.
Jean Piaget
Les travaux de Jean Piaget rejoignent ceux de Mead. Piaget a étudié en particulier le développement de la pensée chez l’enfant en identifiant plusieurs étapes jusqu’à l’intériorisation d’autrui, la socialisation :
Petite enfance : l’égocentrisme. L’individu commence par tout comprendre et tout sentir à travers lui-même (l’esprit se confond avec l’univers). A travers le jugement des autres, son anomie intellectuelle (incapacité) et affective cède le terrain, sous la pression des règles logiques et morales collectives. Jusqu’à 7 ans, c’est le contact avec les parents qui prédomine.
A la phase de l’égocentrisme succède une phase où l’enfant alterne entre égocentrisme primitif et acceptation passive de la pensée et des jugements d’autrui. « Le bon plaisir du moi est remplacé par le bon plaisir d’une autorité souveraine ».
Après 7 ans apparaît une phase de coopération, possible non pas avec des adultes mais des égaux, compagnons du même âge. Coopération qui mène à l’autonomie de la pensée et de la conscience morale. Les règles et les principes auxquels l’enfant obéissait par soumission et passivité deviennent, en passant par la réflexion et la critique qu’exige la coopération, des convictions, des jugements moraux personnels. Les connaissances, normes, valeurs sont progressivement intériorisés pour devenir raison et conscience personnelle.
Sigmund Freud
Freud et ses disciples ont sondé et éclairé les fondements affectifs de la conduite humaine et des rapports sociaux. La psychanalyse a contribué à expliquer le processus de socialisation à partir de 4 points essentiels : les rapports de l’enfant avec ses parents (Oedipe), l’ambivalence des sentiments (la capacité de l’être humain à aimer et à détester en même temps les mêmes personnes), le "transfert" et l’analyse du « surmoi ».
Exemple d'étude
Lire le résumé d’une étude réalisée par Claude Dubar, maître de conférence de sociologie à l’Université des Sciences et Techniques de Lille I sur le thème : "La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles" (écrit théorique et pragmatique)
Charles H.Cooley
Selon le sociologue Charles H.Cooley (Human Nature and the Social Order 1902), la conscience existentielle est le produit de l’intuition des perceptions de soi par autrui et la communication avec les autres. Le « soi » est social mais également conscience morale : le sentiment du bien et de l’obligation résulte de la synthèse d’influences subies sur une personne, grâce à sa sensibilité « sympathique » aux jugements des autres.
Georges H.Mead
Georges H.Mead a repris l’analyse du « soi social » en montrant comment l’enfant, à travers le jeu se développe mentalement et se socialise, en jouant le rôle des autres et en intériorisant leurs attitudes. Le Soi de l’enfant se développe par l’identification à d’autres personnes dans les rôles qu’elles remplissent et particulièrement par l’intériorisation de « l’autre généralisé », c’est-à-dire de l’ensemble organisé, structuré des autres rôles dont il dépend ; il construit également son Soi par la discrimination que son propre rôle lui permet de faire entre sa personne et autrui.
Par les fonctions qu’il attribue à la pensée et à l’intelligence dans l’apprentissage et dans l’action, Mead a contribué à dégager la psychologie américaine des limites physiologiques ou l’enfermait un behaviorisme strict. Pour Mead, la pensée est sociale car elle se développe par et dans la communication avec autrui.
Jean Piaget
Les travaux de Jean Piaget rejoignent ceux de Mead. Piaget a étudié en particulier le développement de la pensée chez l’enfant en identifiant plusieurs étapes jusqu’à l’intériorisation d’autrui, la socialisation :
Petite enfance : l’égocentrisme. L’individu commence par tout comprendre et tout sentir à travers lui-même (l’esprit se confond avec l’univers). A travers le jugement des autres, son anomie intellectuelle (incapacité) et affective cède le terrain, sous la pression des règles logiques et morales collectives. Jusqu’à 7 ans, c’est le contact avec les parents qui prédomine.
A la phase de l’égocentrisme succède une phase où l’enfant alterne entre égocentrisme primitif et acceptation passive de la pensée et des jugements d’autrui. « Le bon plaisir du moi est remplacé par le bon plaisir d’une autorité souveraine ».
Après 7 ans apparaît une phase de coopération, possible non pas avec des adultes mais des égaux, compagnons du même âge. Coopération qui mène à l’autonomie de la pensée et de la conscience morale. Les règles et les principes auxquels l’enfant obéissait par soumission et passivité deviennent, en passant par la réflexion et la critique qu’exige la coopération, des convictions, des jugements moraux personnels. Les connaissances, normes, valeurs sont progressivement intériorisés pour devenir raison et conscience personnelle.
Sigmund Freud
Freud et ses disciples ont sondé et éclairé les fondements affectifs de la conduite humaine et des rapports sociaux. La psychanalyse a contribué à expliquer le processus de socialisation à partir de 4 points essentiels : les rapports de l’enfant avec ses parents (Oedipe), l’ambivalence des sentiments (la capacité de l’être humain à aimer et à détester en même temps les mêmes personnes), le "transfert" et l’analyse du « surmoi ».
Exemple d'étude
Lire le résumé d’une étude réalisée par Claude Dubar, maître de conférence de sociologie à l’Université des Sciences et Techniques de Lille I sur le thème : "La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles" (écrit théorique et pragmatique)
La socialisation
Définition de la socialisation
« Processus par lequel la personne humaine apprend et intériorise tout au cours de sa vie les éléments socio-culturels de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous l’influence d’expériences et d’agents sociaux significatifs et par là s’adapte à l’environnement social où il doit vivre ».
Processus de socialisation
La socialisation est marquée par plusieurs étapes : l’enfance avec les différents apprentissages, le premier emploi, le mariage, la vieillesse… qui nécessitent à chaque fois une nouvelle adaptation.
Les éléments de la société et de la culture deviennent partie intégrante de la personnalité comme obligation morale, les règles paraissent naturelles et ne sont pas ressenties comme des contraintes ou un poids pour l’individu.
Une fois adapté à son environnement social, l’individu y a sa place au sein du groupe (famille, entreprise, religion…), ressemblant mentalement et psychiquement aux autres membres, ce qui lui permet de communiquer avec eux, de partager des valeurs, des pôles d’intérêt…
Cette adaptation concerne la personnalité en profondeur, au niveau à la fois biologique ou psychomoteur, affectif et mental.
Résultat de la socialisation
Le résultat normal – du point de vue sociologique – de la socialisation est donc de produire une certaine conformité pour que chaque personne s’adapte et s’intègre à la collectivité et que celle-ci puisse assurer sa pérennité.
« Processus par lequel la personne humaine apprend et intériorise tout au cours de sa vie les éléments socio-culturels de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous l’influence d’expériences et d’agents sociaux significatifs et par là s’adapte à l’environnement social où il doit vivre ».
Processus de socialisation
La socialisation est marquée par plusieurs étapes : l’enfance avec les différents apprentissages, le premier emploi, le mariage, la vieillesse… qui nécessitent à chaque fois une nouvelle adaptation.
Les éléments de la société et de la culture deviennent partie intégrante de la personnalité comme obligation morale, les règles paraissent naturelles et ne sont pas ressenties comme des contraintes ou un poids pour l’individu.
Une fois adapté à son environnement social, l’individu y a sa place au sein du groupe (famille, entreprise, religion…), ressemblant mentalement et psychiquement aux autres membres, ce qui lui permet de communiquer avec eux, de partager des valeurs, des pôles d’intérêt…
Cette adaptation concerne la personnalité en profondeur, au niveau à la fois biologique ou psychomoteur, affectif et mental.
Résultat de la socialisation
Le résultat normal – du point de vue sociologique – de la socialisation est donc de produire une certaine conformité pour que chaque personne s’adapte et s’intègre à la collectivité et que celle-ci puisse assurer sa pérennité.
3 systèmes essentiels à l’action sociale humaine : la société, la culture et la personnalité
C’est de la conjugaison des 3 systèmes – société, culture, personnalité – que s’organise toute action sociale humaine concrète.
- Le système social se structure à travers les éléments de l’action sociale comme un ensemble de parties interdépendantes qui forment une unité fonctionnelle.
- La culture lui fournit des valeurs partagées qui le constituent en tant que système normatif d’interactions et de rôles. La culture se crée et se recrée à travers le tissu des interactions.
- La personnalité (traits psychiques de l’être humain : tempérament, impulsions, besoins, aptitudes, intérêts, traces des expériences vécues…) apporte aux 2 systèmes précédents l’élément de vie, le moteur, l’ensemble des motivations qui font agir et réagir les acteurs en situation sociale.
dimanche 29 août 2010
Instinct et culture
- Le comportement instinctif est essentiellement congénital et non appris alors que la culture est non héréditaire et apprise.
- L’instinct est endogène (qui se forme à l’intérieur sans intervention extérieure) alors que la culture est de nature sociale, c’est un bien collectif.
- L’instinct se mêle de réflexes, tropismes (réaction à un stimulus), actes intelligents alors que la culture s’appuie sur des instincts pour se construire. La culture complète et affine l’instinct.
- Culture et instincts se rapprochent dans le sens où l’activité culturelle est toujours mêlée de réflexes, d’habitudes, d’impulsions et d’activités instinctives.
- La culture remplit pour l’homme la même fonction d’adaptation à son environnement que l’instinct chez l’animal.
- La culture est propre à l’homme parce que seul celui-ci a pu développer la fonction symbolique et accumuler un réservoir de symboles de divers niveaux d‘abstraction . La culture permet à l’homme de bénéficier des acquis ne pouvant s’inscrire dans l’organisme biologique.
Culture et idéologie
Karl Marx a donné une signification très large au terme d’idéologie, l’assimilant ainsi à la culture, et une connotation péjorative dans le sens où il considère qu’elle est forcément aliénante « la puissance matérielle dominante » (classe sociale maîtrisant les moyens de production) possédant en même temps la « puissance spirituelle ». Il considère l’idéologie comme une « fausse conscience de la réalité » sociale, économique, politique.
En dehors de la tradition marxiste, les sociologues ont tenté d’en donner une définition plus restreinte considérant que l’idéologie est un élément de la culture constitué essentiellement d’un système d’idées et de jugements organisé pour décrire, expliquer, interpréter ou justifier la situation d’un groupe ou d'une collectivité et qui s’inspire de valeurs, proposant une orientation précise à son action historique.
En dehors de la tradition marxiste, les sociologues ont tenté d’en donner une définition plus restreinte considérant que l’idéologie est un élément de la culture constitué essentiellement d’un système d’idées et de jugements organisé pour décrire, expliquer, interpréter ou justifier la situation d’un groupe ou d'une collectivité et qui s’inspire de valeurs, proposant une orientation précise à son action historique.
Une place centrale dans la culture
- L’idéologie est une doctrine car elle revêt une forme explicite et verbalisée, elle fait référence aux valeurs.
- Elle pousse l’individu ou la collectivité à l’action, ou du moins la dirige en fournissant buts et moyens. Elle a une fonction conative (utilisée par l'émetteur pour que le récepteur agisse sur lui-même et s'influence).
- Elle cherche à opérer une jonction inspiratrice de modèles culturels, de sanctions et des symboles.
- Elle permet aux sociologues, par l’observation, d’appréhender les sources du changement social.
- Elle autorise des choix mais à l’intérieur des contraintes qu’elle impose.
Les fonctions de la culture
Fonction sociale
La fonction essentielle de la culture est de réunir une pluralité de personnes. D’autres facteurs contribuent de manière objective au même résultat comme les liens du sang, la proximité géographique, la cohabitation au sein d’un territoire, la division du travail. Mais ces facteurs sont transposés et réinterprétés dans et par la culture qui leur donne une signification ( ex : le mariage, la prohibition de l’inceste…).
Fonction psychique
La culture remplit une fonction de « moulage » des personnalités individuelles qui fournit des modèles de pensée, de connaissance, des idées, des canaux privilégiés d’expression, des moyens de satisfaire des besoins physiologiques etc.
Cependant, ce moule n’est pas rigide, il permet des adaptations individuelles et offre des options entre des valeurs dominantes, variantes ou déviantes. La société peut autoriser une part d’innovation, toutes ne laissant pas la même latitude.
La fonction essentielle de la culture est de réunir une pluralité de personnes. D’autres facteurs contribuent de manière objective au même résultat comme les liens du sang, la proximité géographique, la cohabitation au sein d’un territoire, la division du travail. Mais ces facteurs sont transposés et réinterprétés dans et par la culture qui leur donne une signification ( ex : le mariage, la prohibition de l’inceste…).
Fonction psychique
La culture remplit une fonction de « moulage » des personnalités individuelles qui fournit des modèles de pensée, de connaissance, des idées, des canaux privilégiés d’expression, des moyens de satisfaire des besoins physiologiques etc.
Cependant, ce moule n’est pas rigide, il permet des adaptations individuelles et offre des options entre des valeurs dominantes, variantes ou déviantes. La société peut autoriser une part d’innovation, toutes ne laissant pas la même latitude.
lundi 16 août 2010
Définition et caractéristiques de la culture
Inspirée de Tylor et de Durkheim, la culture peut être définie comme un "ensemble lié de manières de penser, sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte".
Ses caractéristiques principales :
Ses caractéristiques principales :
- la culture s'adresse à toute activité humaine, elle est action vécue par les personnes (penser, sentir, agir)
- elle est formalisée (plus ou moins) à travers des codes de lois, formules rituelles, cérémonies, connaissances scientifiques, technologie, théologie, mais aussi à des degrés divers, les arts, le droit coutumier, les règles de politesse...
- elle est partagée par une pluralité de personnes : manières de penser, sentir, agir, considérées comme idéales ou normales
- elle s'acquiert résultant de différents modes et mécanismes d'apprentissage
- elle contribue à constituer une collectivité de manière à la fois objective et symbolique
- elle forme un "ensemble lié", un système dont les éléments constitutifs sont unis dans une cohérence, ressentie subjectivement par les membres d'une société
Historique de la notion de culture
La culture sous l'angle de "progrès intellectuel"
Ce sont les études d'histoire naturelle qui donnent naissance au concept de culture en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle. Leur objet porte en particulier sur l'analyse comparée de l'évolution des moeurs, institutions, idées, arts et sciences des sociétés et civilisations. Le terme de culture est employé en France depuis le moyen-âge mais s'applique au culte religieux, tandis que le champs cultivé est alors appelé "couture" ou "coture". Le verbe "culturer" ou "couturer" désigne l'action de cultiver la terre. Il donne naissance au XVIIe siècle au nom de culture : travail de la terre. Par extension ou analogie, on applique également ce terme à la science et à l'esprit, puis au XVIIIe siècle, la culture en vient à signifier la formation de l'esprit dans le sens de progrès intellectuel.
Une nouvelle connotation collective
Johann Christoph Adelung, grammairien philologiste allemand, reprend le terme de culture dans un sens plus étendu qu'il définit comme "progrès intellectuel et social de l'homme en général, des collectivités, de l'humanité" lui donnant pour la première fois une connotation collective.
On note que la notion de culture est née de l'histoire, de l'ethnologie, et non de la philosophie.
Avec Edward Tylor, considéré aujourd'hui comme le fondateur de l'anthropologie britannique, célèbre pour sa définition ethnologique de la culture, "la culture ou la civilisation, entendue dans son sens ethnologique étendu, est cet ensemble complexe qui comprend les connaissances, les croyances, l'art, le droit, la morale, les coutumes, et toutes les autres aptitudes et habitudes qu'acquière l'homme en tant que membre d'une société". Sa définition reste assez descriptive mais apporte une nouveauté notable : elle ne présente plus la culture à travers la notion de progrès.
Naissance de l'anthropologie culturelle ou sociale
Avec la naissance de l'anthropologie culturelle aux Etats-unis, l'anthropologie en vient à se définir comme la science de la culture. Elle est désignée sous le terme d'anthropologie sociale en Grande-Bretagne qui la distingue également de l'anthropologie physique. Elle s'autonomise progressivement de la tutelle de l’anthropologie physique au tournant des XIXe et XXe siècles, aux États-Unis, en Angleterre ou encore en France, sous le terme d’ethnologie.
Culture et civilisation
Les termes de culure et de civilisation sont appréhendés de façon différente par les sociologues, l'un et l'autre pouvant être reliés soit à la matière (moyens collectifs dont disposent les hommes pour exercer un contrôle sur la nature), soit à l'esprit (moyens collectifs dont disposent les hommes pour exercer un contrôle sur eux-même). Distinction qui sera par la suite considérée comme factice, donnant ainsi la préférence au terme culture.
Certains sociologues contemporains font cependant la distinction entre les termes culture et civilisation mais dans un sens différent : le terme civilisation désigne un ensemble de cultures particulières (ex : civilisation occidentale) tandis que le terme de culture est employé dans le cadre d'une société donnée et identifiable.
Le terme de civilisation peut en outre être employé pour les sociétés présentant un stade plus avancé de développement, marqué par le progrès technique, scientifique, l'urbanisation, la complexité de l'organisation sociale etc. Cette définition évolutionniste inclut un jugement de valeur. C'est pourquoi on emploie plutôt aujourd'hui les termes d'industrialisation, de développement et de modernisation plutôt que celui de civilisation.
Ce sont les études d'histoire naturelle qui donnent naissance au concept de culture en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle. Leur objet porte en particulier sur l'analyse comparée de l'évolution des moeurs, institutions, idées, arts et sciences des sociétés et civilisations. Le terme de culture est employé en France depuis le moyen-âge mais s'applique au culte religieux, tandis que le champs cultivé est alors appelé "couture" ou "coture". Le verbe "culturer" ou "couturer" désigne l'action de cultiver la terre. Il donne naissance au XVIIe siècle au nom de culture : travail de la terre. Par extension ou analogie, on applique également ce terme à la science et à l'esprit, puis au XVIIIe siècle, la culture en vient à signifier la formation de l'esprit dans le sens de progrès intellectuel.
Une nouvelle connotation collective
Johann Christoph Adelung, grammairien philologiste allemand, reprend le terme de culture dans un sens plus étendu qu'il définit comme "progrès intellectuel et social de l'homme en général, des collectivités, de l'humanité" lui donnant pour la première fois une connotation collective.
On note que la notion de culture est née de l'histoire, de l'ethnologie, et non de la philosophie.
Avec Edward Tylor, considéré aujourd'hui comme le fondateur de l'anthropologie britannique, célèbre pour sa définition ethnologique de la culture, "la culture ou la civilisation, entendue dans son sens ethnologique étendu, est cet ensemble complexe qui comprend les connaissances, les croyances, l'art, le droit, la morale, les coutumes, et toutes les autres aptitudes et habitudes qu'acquière l'homme en tant que membre d'une société". Sa définition reste assez descriptive mais apporte une nouveauté notable : elle ne présente plus la culture à travers la notion de progrès.
Naissance de l'anthropologie culturelle ou sociale
Avec la naissance de l'anthropologie culturelle aux Etats-unis, l'anthropologie en vient à se définir comme la science de la culture. Elle est désignée sous le terme d'anthropologie sociale en Grande-Bretagne qui la distingue également de l'anthropologie physique. Elle s'autonomise progressivement de la tutelle de l’anthropologie physique au tournant des XIXe et XXe siècles, aux États-Unis, en Angleterre ou encore en France, sous le terme d’ethnologie.
Culture et civilisation
Les termes de culure et de civilisation sont appréhendés de façon différente par les sociologues, l'un et l'autre pouvant être reliés soit à la matière (moyens collectifs dont disposent les hommes pour exercer un contrôle sur la nature), soit à l'esprit (moyens collectifs dont disposent les hommes pour exercer un contrôle sur eux-même). Distinction qui sera par la suite considérée comme factice, donnant ainsi la préférence au terme culture.
Certains sociologues contemporains font cependant la distinction entre les termes culture et civilisation mais dans un sens différent : le terme civilisation désigne un ensemble de cultures particulières (ex : civilisation occidentale) tandis que le terme de culture est employé dans le cadre d'une société donnée et identifiable.
Le terme de civilisation peut en outre être employé pour les sociétés présentant un stade plus avancé de développement, marqué par le progrès technique, scientifique, l'urbanisation, la complexité de l'organisation sociale etc. Cette définition évolutionniste inclut un jugement de valeur. C'est pourquoi on emploie plutôt aujourd'hui les termes d'industrialisation, de développement et de modernisation plutôt que celui de civilisation.
Le symbolisme, composante essentielle de l'action sociale
Les modèles sont des expressions symboliques des valeurs :
Le symbole
Il requiert 3 éléments :
Les fonctions du symbolisme
Le symbolisme a une double fonction de communication et de participation dans le sens où le symbolisme favorise le sentiment d'appartenance au groupe.
Le symbolisme et sa fonction de participation
On distingue 4 types de symboles :
Les symboles de solidarité : ils contribuent à la représentation et au sentiment d'appartenance au groupe ( ex : drapeau, armoireries...). Au niveau microsociologique, de nombreuses fêtes et cérémonies familiales sont empreintes d'un symbolisme de paticipation ( ex : mariages, enterrements...)
Les symboles d'organisation hiérarchique : ils sont observables à travers les distinctions de rangs et de pouvoir
Les symboles du passé : la mémoire collective simplifie, résume, élague, déforme, mythifie le passé en utilisant le symbolisme
Les symboles magiques et religieux : ils ont pour rôle de relier l'homme à un ordre surnaturel ou supranaturel. Ils permettent de distinguer les fidèles des non-religieux, le clergé des fidèles, les lieux saints des lieux profanes... à travers des costumes, des rits, des sacrements...
La magie est essentiellement symbolique ( ex : rituel des statuettes pour faire mourir un ennemi). Dans les sociétés archaïques, elle accompagne la vie sociale : travail, guerre, entreprises importantes...
Conclusion
Les symboles servent à relier entre eux les acteurs sociaux, à rattacher les modèles aux valeurs dont ils sont les expressions plus concrètes et observables ; ils recréent sans cesse la participation et l'identification des personnes et des groupes aux collectivités et renouent les solidarités nécessaires à la vie sociale.
- La conformité extérieure des modèles symbolise l'adhésion intérieure des sujets à un certain ordre de valeurs
- L'adhésion aux valeurs symbolise l'appartenance à une collectivité ou une société
Le symbole
Il requiert 3 éléments :
- le signifiant : objet qui tient la place d'un autre
- le signifié : la chose dont le signifiant tient lieu
- la signification : le rapport entre le signifiant et le signifié qui doit être perçu et interprété.
Les fonctions du symbolisme
Le symbolisme a une double fonction de communication et de participation dans le sens où le symbolisme favorise le sentiment d'appartenance au groupe.
Le symbolisme et sa fonction de participation
On distingue 4 types de symboles :
Les symboles de solidarité : ils contribuent à la représentation et au sentiment d'appartenance au groupe ( ex : drapeau, armoireries...). Au niveau microsociologique, de nombreuses fêtes et cérémonies familiales sont empreintes d'un symbolisme de paticipation ( ex : mariages, enterrements...)
Les symboles d'organisation hiérarchique : ils sont observables à travers les distinctions de rangs et de pouvoir
Les symboles du passé : la mémoire collective simplifie, résume, élague, déforme, mythifie le passé en utilisant le symbolisme
Les symboles magiques et religieux : ils ont pour rôle de relier l'homme à un ordre surnaturel ou supranaturel. Ils permettent de distinguer les fidèles des non-religieux, le clergé des fidèles, les lieux saints des lieux profanes... à travers des costumes, des rits, des sacrements...
La magie est essentiellement symbolique ( ex : rituel des statuettes pour faire mourir un ennemi). Dans les sociétés archaïques, elle accompagne la vie sociale : travail, guerre, entreprises importantes...
Conclusion
Les symboles servent à relier entre eux les acteurs sociaux, à rattacher les modèles aux valeurs dont ils sont les expressions plus concrètes et observables ; ils recréent sans cesse la participation et l'identification des personnes et des groupes aux collectivités et renouent les solidarités nécessaires à la vie sociale.
Fonctions sociales des valeurs
Elles sont de 3 ordres :
Notons cependant que les valeurs ne sont pas partagées par tous avec la même intensité et que le partage de mêmes valeurs peut aussi entraîner des conflits (ex : conflits d'intérêts).
- les valeurs donnent une certaine cohérence à l'ensemble des règles et modèles
- elles contribuent à l'unité psychique des personnes. Selon le psychologue Gordon Allport "les valeurs contribuent à la cohésion et à l'intégration de la perception de soi et du monde"
- elles sont essentielles au "consensus social" selon l'expression d'Auguste Comte (appelé "solidarité sociale" par Emile Durkeim) et qu'on nomme aujourd'hui l'intégration sociale (condition de participation à la collectivité).
Notons cependant que les valeurs ne sont pas partagées par tous avec la même intensité et que le partage de mêmes valeurs peut aussi entraîner des conflits (ex : conflits d'intérêts).
vendredi 16 juillet 2010
Le rôle des valeurs dans l'orientation normative de l'action
Une valeur est une manière d'être ou d'agir qu'une personne ou une collectivité reconnaissent comme idéale et qui rend désirables ou estimables les êtres ou les conduites auxquels elle est attribuée.
Les valeurs sont inspiratrices des jugements et des conduites. Elles sont sous-jacentes aux modèles. La signification des modèles apparaît lorsque ceux-ci sont perçus dans leurs rapports aux valeurs. Ils prennent alors figure d'application spécifique. On comprend mieux leur pouvoir et leur efficacité puisqu'ils s'appuient sur un palier plus en profondeur de sentiments et de jugement qu'on appelle ici les valeurs.
Le pouvoir de contrainte des modèles ne s'appuie donc pas seulement sur des sanctions positives ou négatives mais sur des valeurs. L'orientation aux valeurs est un des aspects les plus profonds de l'orientation normative de l'action.
Cependant, il arrive que des modèles se coupent des valeurs qui les ont inspirés, ils prennent alors une conformité routinière.
Les valeurs sont spécifiques à une société et évoluent dans le temps (moins rapidement que les modèles).
Enfin, elles possèdent une charge affective qui en font un puissant facteur dans l'orientation de l'action des personnes et des collectivités.
Retenons que les valeurs sont inspiratrices des jugements et des conduites, qu'elles sont relatives et porteuses d'une charge affective. Enfin, elles sont hiérarchisées dans ce que l'on appelle une "échelle des valeurs".
Les valeurs sont inspiratrices des jugements et des conduites. Elles sont sous-jacentes aux modèles. La signification des modèles apparaît lorsque ceux-ci sont perçus dans leurs rapports aux valeurs. Ils prennent alors figure d'application spécifique. On comprend mieux leur pouvoir et leur efficacité puisqu'ils s'appuient sur un palier plus en profondeur de sentiments et de jugement qu'on appelle ici les valeurs.
Le pouvoir de contrainte des modèles ne s'appuie donc pas seulement sur des sanctions positives ou négatives mais sur des valeurs. L'orientation aux valeurs est un des aspects les plus profonds de l'orientation normative de l'action.
Cependant, il arrive que des modèles se coupent des valeurs qui les ont inspirés, ils prennent alors une conformité routinière.
Les valeurs sont spécifiques à une société et évoluent dans le temps (moins rapidement que les modèles).
Enfin, elles possèdent une charge affective qui en font un puissant facteur dans l'orientation de l'action des personnes et des collectivités.
Retenons que les valeurs sont inspiratrices des jugements et des conduites, qu'elles sont relatives et porteuses d'une charge affective. Enfin, elles sont hiérarchisées dans ce que l'on appelle une "échelle des valeurs".
Principaux éléments d'un système d'action sociale
Les principaux éléments d'un système d'action sociale sont :
L'orientation normative de l'action s'applique aux conduites et la structure normative de l'action s'applique aux ensembles sociaux.
Les deux approches - microsociologique et macrosociologique - appartiennent à un même "phénomène social total" selon l'expression de Marcel Mauss. Le sociologue passe d'un palier à l'autre palier, tant dans la conduite d'analyse théorique qu'empirique.
- les unités ou parties : ce ne sont pas les personnes mais les actes sociaux orientés normativement ou les acteurs, non pas en tant qu'individus mais dans leurs rapports aux autres suivant la position qu'ils occupent, suivant leur rôle
- les facteurs d'organisation ou de structuration des unités du système : modèles, rôles, sanctions grâce auxquels les unités sont liées entre elles pour former une collectivité, une action commune
- l'interdépendance des unités : chaque acteur remplit son rôle en fonction des attentes des autres
- l'équilibre d'échange (complémentarité, interaction), mouvant, qui résulte de cette organisation et de cette interdépendance
L'orientation normative de l'action s'applique aux conduites et la structure normative de l'action s'applique aux ensembles sociaux.
Les deux approches - microsociologique et macrosociologique - appartiennent à un même "phénomène social total" selon l'expression de Marcel Mauss. Le sociologue passe d'un palier à l'autre palier, tant dans la conduite d'analyse théorique qu'empirique.
jeudi 17 juin 2010
Variance et déviance
Si la variance est le choix dont bénéficient les individus entre les modèles proposés par une société donnée, la déviance est un comportement a-social ou anti-social qui peut cependant être toléré. Il débouche parfois sur le changement social et peut être source de modernisation. Variance et déviance concernent en général des groupes minoritaires. Les modèles qu'ils proposent peuvent parfois gagner l'adhésion de la majorité (révolution, résistance...)
Le déterminisme social, postulat incontournable pour le sociologue
C'est en sociologie, le modèle qui établit la primauté de la société sur l'individu. Derrière l'apparente spontanéité des actions humaines, se cache un ordre social que le sociologue a pour but de mettre à jour. Il fait du déterminisme un postulat de départ reconnaissant l'existence d'une standardisation des comportements individuels, entente explicite entre les membres d'une même communauté.
Certaines sociétés imposent plus fortement des modèles que d'autres. Au sein d'une même société cohabitent différents types de modèles : impératifs (comme ne pas tuer, ne pas voler), recommandés (éviter l'adultère) et préférentiels (mettre une tenue habillée pour un mariage).
L'orientation normative de l'action comporte une part de décision. La liberté est le choix que les individus peuvent opérer entre divers modèles d'action à l'intérieur des limites données.
Certaines sociétés imposent plus fortement des modèles que d'autres. Au sein d'une même société cohabitent différents types de modèles : impératifs (comme ne pas tuer, ne pas voler), recommandés (éviter l'adultère) et préférentiels (mettre une tenue habillée pour un mariage).
L'orientation normative de l'action comporte une part de décision. La liberté est le choix que les individus peuvent opérer entre divers modèles d'action à l'intérieur des limites données.
lundi 14 juin 2010
Les sanctions attachées aux modèles
La contrainte sociale s'impose à travers un certain nombre de sanctions :
- sanctions physiques : violence, emprisonnement, peine de mort, gifle, coup de pied sous la table...
- sanctions économiques : amendes, boycottage, mise à pied, retrait d'une bourse à un étudiant...
- sanctions surnaturelles : d'ordre religieux ou magique
- sanctions sociales : expulsion du groupe, rejet, commérage, moquerie
L'orientation normative de l'action sociale
"L'action humaine est sociable parce qu'elle s'inscrit dans une structure d'action qui lui est fournie par des normes ou règles collectives ou communes dont elle doit s'inspirer". Ces règles et normes sont appelées "patterns of culture" ou "cultural patterns" par les anthropologues et les sociologues. Il s'agit du "patron" - modèle, dessin - dont on s'inspire. C'est ce que Durkheim appelle - de façon négative - la contrainte sociale.
L'action sociale est donc la manière de penser, sentir, agir dont l'orientation est structurée suivants des modèles collectifs.
L'action sociale est donc la manière de penser, sentir, agir dont l'orientation est structurée suivants des modèles collectifs.
mardi 8 juin 2010
Traditions "compréhensive" et "positive"
Max Weber considère qu'à la différence des sciences de la nature, les sciences de l'homme se fondent sur la compréhension. La sociologie est pour lui "une science qui cherche une compréhension interprétative de l'action sociale pour arriver par là, à une explication causale de son sens et de ses effets" conformément à sa notion de subjectivité.
Durkheim lui, se situe dans la lignée du positivisme français, inspirée par Auguste Comte qui privilégie une analyse objective, rigoureuse, méthodologique de la société, à l'image de la méthode scientifique. Durkheim considère les phénomènes comme des objets d'observation. Il tient à distinguer la sociologie de la psychologie en distinguant la conscience individuelle - réalité psychique - de la conscience collective - réalité sociale.
Les deux approches se complètent. On reconnaît aujourd'hui généralement que la sociologie est la fois compréhension et explication, subjective et objective.
Rôles respectifs de la psychologie et de la sociologie
Les conditionnements de l'orientation de l'action sont à la fois psychiques (une personne agit avec sa personnalité - caractères héréditaires, tempérament, appareil neuro-physiologique, expériences vécues...) et sociaux (manières d'agir, de penser, de sentir collectives).
Ce sont ces conditionnements sociaux de la conduite que le sociologue étudie, cherche à comprendre, préciser, analyser. Ses travaux s'inscrivent en complémentarité de ceux du psychologue qui s'intéresse aux profondeurs de la personnalité.
Durkheim lui, se situe dans la lignée du positivisme français, inspirée par Auguste Comte qui privilégie une analyse objective, rigoureuse, méthodologique de la société, à l'image de la méthode scientifique. Durkheim considère les phénomènes comme des objets d'observation. Il tient à distinguer la sociologie de la psychologie en distinguant la conscience individuelle - réalité psychique - de la conscience collective - réalité sociale.
Les deux approches se complètent. On reconnaît aujourd'hui généralement que la sociologie est la fois compréhension et explication, subjective et objective.
Rôles respectifs de la psychologie et de la sociologie
Les conditionnements de l'orientation de l'action sont à la fois psychiques (une personne agit avec sa personnalité - caractères héréditaires, tempérament, appareil neuro-physiologique, expériences vécues...) et sociaux (manières d'agir, de penser, de sentir collectives).
Ce sont ces conditionnements sociaux de la conduite que le sociologue étudie, cherche à comprendre, préciser, analyser. Ses travaux s'inscrivent en complémentarité de ceux du psychologue qui s'intéresse aux profondeurs de la personnalité.
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